En 2026, être DAF, c’est déjà avoir beaucoup investi dans la qualité des reportings : clôtures maîtrisées, fiabilisation de la donnée, tableaux de bord structurés.
Et pourtant, une réalité persiste dans beaucoup de COMEX :Les chiffres sont là, les analyses aussi… Mais au moment de décider, ça coince.
Décisions reportées, scénarios à refaire après coup, débats sans fin sur les hypothèses : le problème n’est plus le manque d’information, mais la façon dont l’entreprise décide.
C’est là qu’entre en jeu un sujet clé pour les DAF : la chaîne de décision.Non pas “plus de data”, mais un système de décision dans lequel le COMEX passe moins de temps à contester les chiffres, et plus de temps à arbitrer des scénarios.
Dans de plus en plus de directions financières, cette chaîne de décision en temps réel est en train de transformer le métier de DAF au quotidien.
L’environnement du DAF est saturé de données : ventes, production, pricing, RH, supply chain, cash, risques…Le risque aujourd’hui, ce n’est pas le manque d’info, c’est la surcharge.
Concrètement, cela se voit tous les mois :
Le premier maillon de la chaîne, c’est donc de transformer ce flux massif en quelques signaux lisibles pour la décision.
Dans le quotidien d’un directeur financier, ça veut dire :
Ce travail, ce n’est pas “faire moins”, c’est protéger la décision.Moins de temps passé à consolider et parcourir des fichiers, plus de temps passé à comprendre ce qui change vraiment et pourquoi.
À retenirLe sujet n’est pas la quantité d’information, mais la capacité à faire émerger quelques signaux réellement utiles à la décision du COMEX.
Une fois ces signaux clarifiés, il reste une question simple :que se passe-t-il si on change quelque chose dans le système ?
C’est là que la modélisation devient le meilleur allié du DAF : scénarios, drivers, analyses de sensibilité… tout ce qui permet de tester rapidement l’impact d’un choc ou d’une opportunité.
Le rôle évolue alors : ce n’est plus seulement être garant de la cohérence des chiffres passés, c’est devenir architecte des modèles qui structurent la réflexion du COMEX.
Concrètement, cela peut prendre plusieurs formes :
L’objectif n’est pas d’avoir un “super modèle” parfait, mais des outils suffisamment robustes pour que, le jour où le COMEX pose une question stratégique, on puisse répondre :
“On a déjà un cadre, je peux vous montrer l’impact maintenant.”
C’est ce passage du “post-mortem” au “temps quasi réel” qui change le tempo de la décision.
Bon à savoirUn bon modèle COMEX n’est pas celui qui est parfait, mais celui qui permet de répondre vite à une question stratégique sans tout reconstruire.
Le DAF peut avoir les bons signaux et de bons modèles… et malgré tout, sentir que le message ne passe pas complètement.Parce qu’une décision ne se prend pas uniquement sur des chiffres, mais sur un récit que chaque membre du COMEX comprend, reprend et partage.
Le data storytelling, dans ce contexte, ce n’est pas “rendre joli”.C’est relier les chiffres à une intention stratégique claire :
Dans les supports COMEX, cela peut se traduire par quelques règles simples :
Le rôle du DAF, ici, c’est de faire le lien entre le langage de la finance et celui de la stratégie, pour que le COMEX puisse passer de “je comprends les chiffres” à “je sais ce que je dois décider”.
Sans récit partagé, le COMEX comprend les chiffres… mais ne décide pas.
Une chaîne de décision performante ne se limite pas au COMEX.Elle repose sur la continuité entre le terrain, la finance et la gouvernance.
Dans les faits, le directeur financier observe souvent :
Beaucoup de décisions arrivent trop tard non par manque d’anticipation, mais par défaut de traduction des signaux terrain au bon niveau.
Le rôle de DAF, dans cette chaîne, c’est aussi celui de traducteur et d’accélérateur :
L’objectif : qu’un signal important détecté en amont puisse devenir, dans un délai maîtrisé, un sujet d’arbitrage stratégique.Ni trop tôt (au risque de bruit), ni trop tard (au risque de subir).
Au final, parler de “chaîne de décision” revient à poser une question assez simple :la valeur, en tant que DAF, se joue-t-elle uniquement dans la production d’états ?Ou aussi – et de plus en plus – dans la conception du système de décision de l’entreprise ?
Dans beaucoup d’organisations, le mouvement est déjà engagé :le directeur financier devient garant de la façon dont l’entreprise perçoit sa réalité économique, et de la rapidité avec laquelle elle peut y répondre.
Dans le quotidien, cela signifie :
Cette évolution ne dépend pas seulement du DAF ou de son équipe finance.Elle suppose aussi que la Direction générale accepte de le positionner comme designer de chaînes de décision, et pas uniquement comme garant de la conformité et du reporting.
À retenirLa valeur du DAF se déplace du reporting vers la conception et l’orchestration de la chaîne de décision.
Si ce sujet est déjà présent à l’esprit, il est possible de commencer simplement, sans “big bang” :
Chez Raly Conseils, on accompagne les DAF et les COMEX sur ces sujets :Cartographier la chaîne de décision existante, identifier les points de rupture, concevoir des modèles et des rituels adaptés aux enjeux des grands groupes et des contextes de transformation.
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